Le monde du travail peut être impitoyable ! Laissez-moi juste vous donner quelques exemples très courants :  impressionner à travers un marketing agressif pour  décrocher des marchés, pratiquer du dumping social pour flouer la concurrence, flirter avec les règlementations pour profiter de situations d’aubaine financière sur les charges salariales ou les aides à l’emploi … Même si ces pratiques ne sont pas durables – car elles se retournent forcément à un moment donné contre celui qui les pratique – elles ont la vie dure et certaines entreprises en ont fait un véritable système de gouvernance ! 

Au niveau individuel aussi, le monde du travail peut être impitoyable : compétition entre collègues, rétention d’informations pour garder son périmètre de pouvoir, rumeurs et bruits de couloirs pour salir une réputation, travail bâclé pouvant avoir des répercussions dangereuses …  Vous pouvez sans doute, compléter cette liste avec ce que vous vivez dans votre propre contexte professionnel. 

 

Qu’en est-il de nous, enfants de Dieu au travail ? Quel comportement adopter ? Qu’est-ce que Dieu attend de nous ? Que veut dire se comporter en ambassadeurs, en prêtres de la Nouvelle Alliance dans un environnement si difficile ? Nous allons explorer ces questions dans cet article et découvrir que la voie royale est celle du service : servir Dieu en servant les hommes !

fleurs offertes en cadeau dans des mains ouvertes en forme de coeur

Même Jésus s’est fait serviteur !

Lors du dernier repas avec ses disciples, Jésus leur donna une preuve suprême de son amour pour eux. Il se leva de la table pendant le dîner, posa son vêtement et prit une serviette qu’il se noua autour de la taille. Il versa de l’eau dans une bassine et commença à laver les pieds de ses disciples, puis à les essuyer avec la serviette qu’il s’était nouée autour de la taille. (Jn 13:1, 4-5).

Pourquoi a-t-il agi ainsi ? Laissons-lui la réponse :

« Vous m’appelez Maître et Seigneur ; et vous dites bien, car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres. (…) En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n’est pas plus grand que son seigneur, ni le messager plus grand que celui qui l’a envoyé » Jn 13:13-16

Notre mission est de servir Dieu en servant les hommes, comme Jésus l’a fait avant nous :

« Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l’humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes. Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres. Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur. » Phil 2:3-6

Adopter une attitude de service est fondamental pour mettre en œuvre notre appel de prêtre de la Nouvelle Alliance, y compris sur notre lieu de travail. Servir, à l’exemple de notre maître Jésus qui s’est fait serviteur des hommes pour leur manifester l’amour de Dieu.

Les dimensions horizontale et verticale de notre service au travail

Notre service du prochain (sa dimension horizontale) ne peut s’ajuster, trouver sa pleine expression que dans notre volonté de servir Dieu d’abord (sa dimension verticale). Ces deux dimensions vont de pair et sont en synergie l’une avec l’autre :

«Personne n’a jamais vu Dieu ; si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous. (…) Mais si quelqu’un dit : J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur ; car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ?» (1Jn 4:12 – 1Jn 4:20)

Servir Dieu c’est l’aimer, c’est vouloir lui plaire, c’est vivre en disciple en cherchant à obéir à ses commandements. (Rm 12:1-2). Servir Dieu par notre travail, c’est travailler pour le Seigneur d’abord, pour l’honorer et le glorifier. Nous avons largement traité de ce sujet dans l’article «Travailler comme une louange à Dieu». Je vous encourage à y revenir avant de poursuivre dans la suite de cette étude, si vous ne l’avez pas encore traité.

Servir notre prochain, et en particulier les personnes que nous rencontrons dans notre contexte de travail, est l’objet même de cette étude. Servir notre prochain est une caractéristique essentielle pour nous faire «reconnaître» dans notre identité d’enfants de Dieu. Celle-ci est incompatible avec une attitude égoïste, orgueilleuse ou envieuse. Elle est par nature tournée vers la recherche du bien de l’autre, ce qui est le sens premier du mot ‘bénir’. Servir, c’est l’expression en actes du bien que nous recherchons pour l’autre. Dans l’article ‘Bénir et encourager’, nous avions déjà traité de ce thème sous l’angle de la parole exprimée. Il s’agit maintenant d’aller au-delà et de vivre en actes cette bénédiction, en accomplissant pour ces personnes ce que l’amour, la vérité et la justice demandent.

«Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes.» Mat 7:12

Au niveau concret, comment le vivre ?

«Que ferait Jésus à ma place ?»

Dans les différentes situations où nous trouvons, il n’est pas toujours simple de trouver la bonne réaction, celle qui met en avant l’agenda de Dieu ! Quand nous prions «Que ta volonté soit faite», il ne s’agit pas uniquement de desseins grandioses que Dieu voudrait accomplir à travers nous, mais AUSSI de toutes ces mini-situations de notre quotidien où nos actes demandent à être ajustés avec sa volonté, avec ce qui est conforme à la construction du Royaume. Et pour toutes ces situations, répondre à la question «Jésus, que ferais-tu à ma place ?» est souvent un bon indicateur du comportement adéquat.

Répondre au téléphone avec courtoisie même quand on est pressé, expliquer pour la troisième fois à un collègue ce qu’il ne comprend pas, rendre un travail abouti même quand il nous ennuie … peuvent faire partie de ces choses. Il s’agit là de principes génériques que nous pouvons établir une fois pour toutes en décidant de mettre en œuvre les fruits de l’Esprit dans notre vie de travail : « l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur, la maîtrise de soi. » (Gal 5:22)

Prions que le Seigneur développe ces fruits dans nos caractères et méditons Sa Parole avec régularité pour grandir dans la connaissance de Sa volonté. Assurément, si nous les mettons en œuvre, le Seigneur ne nous laissera pas oisif sur notre lieu de travail !

Nous revêtir d’humilité

Une définition

L’humilité n’a pas bonne presse et elle est souvent associée à un renoncement à soi, un abaissement volontaire voire à une non-existence. Elle peut certes comporter certains de ces aspects dans des contextes bien précis mais dans le quotidien, l’humilité est quelque chose de beaucoup plus simple et néanmoins tout aussi radical : ne plus se mettre au centre de toutes choses !

« Par la grâce qui m’a été donnée, je dis à chacun de vous de n’avoir pas de lui-même une trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun.» Rm 12:4

Être humble, c’est tout d’abord bien se connaître : identifier ses qualités mais aussi accepter ses limites. C’est aussi reconnaître la valeur de l’autre sans en être envieux ni s’en sentir menacé. Une personne humble est une personne qui agit, non pour gagner de la reconnaissance et exister à tout prix – mais qui agit, à partir de ce qu’elle est vraiment et de ce qu’elle à donner de meilleur aux autres. Elle sait dire non à une proposition qui ne lui correspond pas et ne sent pas menacée si quelqu’un de plus qualifiée qu’elle dans ce domaine, l’assume à sa place.

Le lien entre humilité et attitude de service

Seules les personnes humbles peuvent réellement servir, en donnant le meilleur d’elles-mêmes, sans en faire peser le poids sur les autres. Seules les personnes humbles peuvent, à contrario, encourager les autres personnes à exercer leurs talents sans arrière-pensée ni jalousie, mais avec bienveillance et sincérité.
L’humilité est le socle d’une attitude de service. Et cette attitude de service mutuel est la base d’une collaboration joyeuse au sein d’une équipe. Il est possible que celle-ci soit très peu présente dans votre contexte actuel de travail mais la bonne nouvelle est que vous pouvez l’installer par votre comportement dès aujourd’hui !

Humilité et responsabilité d’équipe

Demandons au Seigneur de faire fructifier l’humilité en nous, et ce d’autant plus que nous occupons des positions de responsabilité ! En effet, un bon manager se doit d’être le serviteur des membres de son équipe. Il s’entourera de personnes plus qualifiées que lui dans les domaines qu’il ne maitrise pas, il cherchera à mettre chacun à la place où il peut réussir et s’épanouir, il lui permettra de progresser et de se former, il le remerciera pour son travail et il sera même prêt à apprendre de lui pour progresser aussi bien dans ses compétences professionnelles que dans ses méthodes de management ! S’il y a des RRH parmi vous, vous y reconnaîtrez sans doute des concepts désormais assez en vogue comme le «management bienveillant» ou le «flat management», voire «l’évaluation 360°», en vogue dans les entreprises anglo-saxonnes, où le manager n’hésite pas à demander à ses équipes de lui signaler ses zones de réussite mais aussi ses axes de progrès ! Si le monde non-chrétien a reconnu la justesse et l’efficacité de ces principes bibliques, à combien plus forte raison, devrions-nous en être les artisans !

Être prêt à souffrir pour la vérité et de la justice

« L’humilité précède la gloire !» nous promet Proverbes 15:23. Cela se vérifie assez souvent : en effet, qui pourrait avoir des griefs contre une personne serviable, encourageante, mettant son prochain en avant et agissant pour son bien ! Si donc vous l’expérimentez, soyez-en reconnaissants car c’est une grâce mais surtout, rappelez-vous que cela ne va pas de soi !

En effet, il est naïf de penser que nos bons comportements seront forcément récompensés ici-bas ! Ils peuvent ne récolter au mieux qu’indifférence ou ingratitude ou, pire, critiques et dénigrement. N’en soyons pas surpris ! Cela fait aussi partie de notre appel, de souffrir alors que nous pratiquons le bien :

« C’est une grâce que de supporter des afflictions par motif de conscience envers Dieu, quand on souffre injustement.… En effet, quelle gloire y a-t-il à supporter de mauvais traitements pour avoir commis des fautes ? Mais si vous supportez la souffrance lorsque vous faites ce qui est bien, c’est une grâce devant Dieu. » I Pi 2:18-24

Attention aux chausse-trappes

Le monde du travail est en effet un univers corrompu où le péché règne et où nous aurons sans doute à prendre position pour servir l’agenda de Dieu : la vérité et la justice. N’avez-vous jamais été encouragé par exemple : à faire de fausses déclarations de service par vos responsables ? à vanter à tort un produit commercial pour booster les ventes ? à donner des dessous de tables afin de décrocher un contrat ? à mentir sur des évaluations de salariés pour faciliter des licenciements ? … De façon plus subtile, nous pouvons être fortement encouragés pas nos collègues à relâcher le rythme quand le boss n’est plus dans les locaux ou, à nous servir comme les autres pour nos besoins privés, dans les stocks de fournitures à notre disposition …

Faire face avec courage et discernement

Mais si nous sommes des prêtres de la Nouvelle Alliance, nous ne pourrons pas cautionner de tels agissements et il nous faudra apprendre à y résister. Cela ne sera pas toujours facile et nous demandera à coup sûr du courage et du discernement. Il n’est pas facile de vivre à contre-courant ! Mais si c’est Dieu que nous servons et si nous croyons que Dieu bénit celui qui respecte ses principes de justice et de vérité, nous trouverons les moyens appropriés pour le faire, dussions-nous en souffrir. Il nous faudra rester déterminé, apprendre à argumenter avec douceur, trouver des alternatives gagnant-gagnant en démontrant à nos collègues et à nos supérieurs qu’à long-terme, il est toujours plus rentable d’être honnête… Il ne s’agit pas d’être dans l’opposition par principe, car Dieu nous demande de respecter les autorités (1Pi 2:13, Tite 3:1) mais bien d’être un agent de vérité et de justice quand ces valeurs sont en danger. Rappelez-vous de Joseph qui a toujours gardé le cap de servir, quel que soit son contexte de travail ou de Daniel et ses amis qui, acculés par les différents souverains à trahir la justice ou la vérité, ont été prêts à endurer la mort pour ne pas déroger.

Servir peut signifier souffrir

Les occasions de souffrir en faisant ce qui est bien pour la justice et la vérité ne manquent pas dans le monde du travail ! Et c’est dans ces situations que nous pourrons vraiment tester la validité de notre engagement à servir Christ, quel qu’en soit le prix de souffrance (1Pi 4 :1). Mais c’est aussi dans ces situations, que notre appel à servir trouvera son expression la plus élevée !

En conclusion

Servir est une dimension intrinsèque de notre appel en tant que prêtre de la Nouvelle Alliance. Servir, c’est mettre l’amour pour Dieu en actes. C’est agir, au nom de Dieu pour le bien de notre prochain. Servir, c’est démontrer par notre comportement au quotidien, nos paroles et nos actions, que nous sommes animés par l’Amour pour faire avancer l’agenda de Dieu à savoir la vérité et la justice. Servir ne peut être que le fait d’un cœur humble, pétri du fruit de l’Esprit (Gal 5:22) et qui accepte la dose de souffrance qu’il peut comporter.

Il s’agit d’un appel élevé car il aura pour résultat de transformer de façon profonde les environnements professionnels où nous agissons. Servir est une forme de témoignage : en effet, notre service modélise l’amour de Dieu pour ceux qui en bénéficient et leur permet de ressentir de façon concrète l’appel de Dieu sur leurs vies.

Que le Seigneur nous équipe pour servir notre prochain sur nos lieux de travail ! Cela implique une profonde transformation de notre être intérieur, qui ne peut être que le fait d’une vie de disciple, nourrie en profondeur par la lecture de la Bible et la prière. Mais le défi en vaut la peine car ce sont des chrétiens de cette trempe qui seront seuls en mesure de transformer leurs environnements professionnels pour la gloire de Dieu. Et nous désirons en être ! 

POUR APPROFONDIR SEUL – OU MIEUX – EN PETITS GROUPES

Voici quelques questions pour vous aider à approfondir cet enseignement seul ou en petit groupe :

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