Les ruptures dues à la chute originelle

Pourquoi le travail que nous expérimentons au jour le jour ne tient-il pas les promesses que Dieu lui a attribuées au moment de la création ? Pourquoi n’est-il pas aussi épanouissant que promis, pourquoi s’accompagne-t-il si souvent de souffrance, de frustrations, de fatigue, d’injustice et pire encore… de non-sens et d’inutilité ?  Le travail semble avoir été littéralement « dénaturé », vidé de ses attributs si bienveillants. Que s’est-il passé ?

« Ne vous inquiétez de rien, mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, dans une attitude de reconnaissance ». Phil 4:6

Ce sont toutes ces ruptures que nous allons aborder dans cet article en revenant au chapitre 3 de la Genèse consacré à la Chute originelle.  

La chute originelle : une volonté d’indépendance

Nous connaissons tous ce récit du chapitre 3 de la Genèse. L’homme et la femme sont maintenant bien installés dans le jardin originel où ils jouissent d’une profonde communion avec Dieu, d’une intimité sans nuages entre eux et où ils s’adonnent à leur mandat de gérer la création. Ce travail est source de satisfaction mais sans esclavage ni exploitation, ni comme une fin en soi. Les loisirs et le repos font aussi partie de ce tableau idéal. Mais le serpent, le plus rusé des animaux, met en question cette harmonie : « Dieu a-t-il réellement dit … ? » (Gn 3:1). Il met en doute la bonté et la perfection du plan initial de Dieu pour sa création :
« La femme lui répondit : nous mangeons les fruits des arbres du jardin. Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez point et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez. Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » (Gn 3:4-5)
Satan a instillé le désir de s’affranchir des limitations instituées par Dieu. L’homme et la femme décident de s’affranchir de la tutelle de Dieu afin de devenir capables de choisir entre le bien et le mal par eux-mêmes.
« La femme vit que l’arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence ; elle prit de son fruit, et en mangea ; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d’elle, et il en mangea ». (Gn 3:6)
Par cet acte de rébellion et de défiance, l’homme et la femme se sont détournés du shalom de Dieu. Le péché est entré dans notre humanité et avec lui, son lot de ruptures irréversibles.

Les 4 ruptures dues à la chute originelle

Toujours présentes dans notre humanité, elles affectent toutes les dimensions de notre vie.

1. La rupture de notre relation avec Dieu

« Alors ils entendirent la voix de l’Éternel Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir, et l’homme et sa femme se cachèrent loin de la face de l’Éternel Dieu, au milieu des arbres du jardin ». (Gn 3:8)
L’homme et la femme se sentent coupables et ils se cachent ! Ce Dieu, si présent et aimant, qui leur offrait chaque jour une place de choix dans son intimité, leur apparait aujourd’hui dans toute sa majesté effrayante, celle qui fera trembler de peur le peuple d’Israël au pied du Mont Sinaï, lors de la traversée du désert. (Ex 19 :1,21). Depuis la chute, l’homme ne peut plus entrer dans une relation d’intimité avec Dieu : le péché est un gouffre infranchissable qui le sépare de Dieu…

2. La rupture d’une relation harmonieuse avec soi-même

« Les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent, ils connurent qu’ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des ceintures. » (Gn3:7).
La honte et la culpabilité sont maintenant installés dans leur âme. Tous ces sentiments négatifs qu’ils ne connaissaient pas sont désormais leur lot quotidien : la tristesse, la peur, la colère, le manque de confiance en soi … Notre ‘moi originel’ a été bouleversé : le péché nous a détourné de la connaissance de nous-mêmes et nous empêche d’atteindre notre identité. Nous essayons par tous les moyens possibles de retrouver cette connexion harmonieuse avec nous-mêmes (comme nous coudre une ceinture en feuilles de figuier !), mais nous ne le pouvons pas car le péché est tenace et ses conséquences irréductibles.

3. La rupture d’une relation harmonieuse avec les autres

« Et l’Éternel Dieu dit : Qui t’a appris que tu es nu ? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ? L’homme répondit : La femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé. Et l’Éternel Dieu dit à la femme : Pourquoi as-tu fait cela ? La femme répondit : Le serpent m’a séduite, et j’en ai mangé ». (Gn 3:11-13).
Combien ce type de discours nous est familier, n’est-ce pas ? Délation, accusation, non-reconnaissance de ses torts, égoïsme … La relation harmonieuse entre Adam et Ève a vécu ! Ils vivent maintenant selon le registre du chacun pour soi et ne sont plus solidaires. Le péché a introduit entre les humains un comportement mortifère (Rm 8:6) dont nous voyons tous les jours les conséquences dans nos vies et dans tous les niveaux de nos relations humaines.

4. La rupture avec la création

« Dieu dit à l’homme : (…) le sol sera maudit à cause de toi. C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie, il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l’herbe des champs. C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière » (Gn 3:17-19).
La création n’a pas échappé à cette spirale destructrice. La création n’est plus « bonne » comme elle l’était au départ et elle aussi, a été abimée par l’entrée du péché dans le monde (Rm 8:20). La sueur, les épines, les ronces, la douleur, les maladies, les épidémies et ultimement la mort font désormais partie de notre quotidien. Le tableau originel du jardin d’Éden n’est plus. Nous devons apprendre à vivre dans une nouvelle réalité : celle de la chute et du péché !

POUR APPROFONDIR SEUL – OU MIEUX – EN PETITS GROUPES

Discussion

Avant d’approfondir ces différents points dans de prochains articles, commençons à envisager les conséquences de la Chute sur le travail – car quelle que soit votre activité ou votre secteur professionnel – vous les expérimentez !

  1. Quelles sont les principales souffrances que vous expérimentez au travail. Listez-les et partagez-les.
  1. « Rupture avec les autres » et « rupture avec la création » : auquel de ces deux registres, êtes-vous le plus exposé dans votre secteur professionnel ? En effet, selon votre secteur professionnel, les risques seront différents : un cultivateur, soumis aux aléas climatiques sera plus sensible avec la rupture avec la création, alors qu’un manageur sera plus dépendant de la rupture avec les autres. Quelles formes prennent ces ruptures ?
  1. « Rupture avec Dieu » et « rupture avec soi-même »: il s’agit là de souffrances ‘génériques’, car elles sont communes à tous, quel que soit votre secteur professionnel.
  • Rupture avec Dieu : Comment se manifeste-t-elle dans votre vécu professionnel ? Qu’est-ce qui est dévoyé dans les finalités affichées de votre activité professionnelle ? En quoi cette activité cherche-t-elle à prendre la place de Dieu ?
  • Rupture avec soi-même : Qu’est-ce qui rend votre vie de travail pénible au niveau émotionnel ? Quelles faiblesses de votre propre personnalité entravent votre épanouissement au travail ?

Application

  • Posez tous ces constats et ces difficultés devant le Seigneur. Remerciez-le parce qu’Il connait ces situations et qu’Il souhaite en porter les conséquences avec vous.
  • Demandez-lui la sagesse pour discerner ce qui dépend de vous car ce seront vos domaines d’action prioritaires. 
  • Choisissez un point spécifique qui vous pose problème aujourd’hui et demandez au Seigneur de vous donner la direction pour y remédier. 

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