La tension du « déjà et du pas encore »

A la croix, Jésus a réparé toutes les conséquences de la chute donc aussi celles infligées au travail ! C’est un fait qui fonde notre foi. En suivant Jésus sur le char triomphant de la victoire (Col 2 :15) nous pouvons vaincre toutes les lourdeurs du travail, sa perte de sens, sa vanité… car le salut accompli en Lui est parfait (cf article précédent). 

Et pourtant ce n’est pas ainsi que nous le vivons au jour le jour ! Nous sommes toujours dans la pénibilité, la corruption, le stress, le travail inutile… Pourquoi ? Parce que nous sommes dans la tension du « déjà et du pas encore », dans cette période entre la croix où tout a été accompli et le retour de Jésus où tout sera révélé. C’est là que nous vivons ! Comment le gérer ? Comment garder la foi et l’espérance du « tout est accompli » acquis si chèrement à la croix, alors que le quotidien nous rappelle sans cesse la lourdeur et la malédiction du péché dans tout ce que nous entreprenons ?

Déjà le débarquement, pas encore la victoire

Comprendre cet entre-deux, entre la croix et le retour de Jésus en gloire

L’histoire du Débarquement allié peut nous en fournir un bon exemple. Le 6 juin 1944, une armée colossale de centaines de milliers d’hommes venus de tous les continents, débarque par air et par mer sur les plages de Normandie. Leur mission : libérer le monde du régime nazi. Dès cette date, la victoire est déjà acquise ! Et pourtant, il fallut encore beaucoup de combats, de bombardements, de villes rasées, de vies humaines perdues… avant que ne soit signée l’armistice du 8 mai 1945. Onze mois dans cette tension du « déjà et du pas encore » ! Onze mois difficiles et douloureux mais remplis d’espérance car la délivrance promise était sûre. Il en est de même avec notre espérance du salut et de la victoire finale qui nous sera donnée lors du retour de Jésus-Christ bien qu’il nous faille encore prendre patience et combattre !

L’ivraie et le bon grain ensemble !

Une autre illustration, issue de la Parole de Dieu cette fois, peut nous aider à percevoir que cette tension est bien réelle et que Jésus lui-même l’intègre à notre expérience de disciples. Il s’agit de la parabole de l’ivraie et du bon grain (Mat 13 :24-30). Juste pour rappel, cette parabole parle d’un semeur (le Fils de L’homme) qui sème une bonne semence (les fils du royaume) dans le champ du monde. Mais l’ennemi (le diable) vient de nuit et sème l’ivraie (le mal et le mensonge) dans le champ. Le bon grain et l’ivraie (les fils du Royaume et les fils du malin) sont donc condamnés à pousser ensemble dans le même champ. Ils ne sont pas de même nature, ils ne sont pas voués à la même destinée, pourtant ils se côtoient, ils se mélangent à la même terre, luttent pour les mêmes espaces et les mêmes nourritures – mais pour deux objectifs bien différents. Il serait plus simple désherber, n’est-ce pas ? Cela ferait de la place au bon grain pour se développer en toute maturité et productivité. C’est ce que propose les moissonneurs mais ce n’est pas ainsi que le voit le propriétaire du champ ! Et sa réponse étonne :
« Non, dit–il, de peur qu’en arrachant l’ivraie, vous ne déraciniez en même temps le blé. Laissez croître ensemble l’un et l’autre jusqu’à la moisson, et, à l’époque de la moisson, je dirai aux moissonneurs: Arrachez d’abord l’ivraie, et liez–la en gerbes pour la brûler, mais amassez le blé dans mon grenier. » (Mat 13 :29-30)
Oui, Jésus a bien dit « Laissez les croître ensemble » ! En tant que disciples de Christ, nous le bon grain semé pour la moisson, sommes mélangés à l’ivraie du péché. Celui-ci nous étouffe, nous retient de nous développer comme nous pourrions prétendre le faire sans lui mais c’est notre réalité ! Une réalité du « déjà et pas encore » que Dieu connait et dans laquelle Il a choisi de nous faire vivre ce parcours terrestre.

La question n’est donc pas d’y échapper mais d’apprendre à y vivre !

Accueillir le « déjà » du travail par la foi

Le « déjà » est tout ce qui nous est déjà acquis par la croix et que nous pouvons saisir par la foi : le pardon, l’héritage final, la nouvelle identité d’enfants de Dieu, la sainteté et la victoire sur le péché. En ce qui concerne la création et le travail, leur restauration et rétablissement selon le mandat initial de la Genèse (voir chapitre 1 : le travail dans le plan initial de Dieu).

Le « déjà » est à saisir par la foi

Les souffrances liées au travail que nous expérimentons encore ici-bas, ne sont pas la fin des choses : elles cesseront au jour de la révélation du Fils de l’Homme. Elles ne sont que les stigmates du péché qui est encore là pour quelque temps. Par la foi, nous devons saisir que ce mal et ces souffrances ne sont pas la fin des choses, juste une scorie temporaire.

Le « déjà » signifie que notre mandat initial demeure.

Il n’a pas été anéanti par le péché puisque Jésus a définitivement vaincu le péché à la croix. Ce mandat est rendu certes plus difficile à atteindre mais Dieu nous donne les armes pour l’atteindre par la foi. La bonne attitude est donc de tendre vers cet ordre initial de perfection et d’épanouissement ; de le visualiser et de le saisir par la prière et la foi.

Le « pas encore » implique une vie de disciple aguerri, rempli du Saint-Esprit

Jésus, notre modèle, pour vivre le « pas encore »

La façon dont Jésus a vécu son ministère terrestre est sans doute le meilleur exemple du comportement à adopter dans cet entre-deux du « pas encore ». Jésus était la bonne semence par excellence, versée dans une terre inondée de l’ivraie du mal. Dans ces conditions, qu’a-t-il fait ? A-t-il arraché l’ivraie ? A-t-il fait tomber le feu du ciel pour brûler tout ce qui était voué à la damnation éternelle ? Non, il a réparé ! Il a guéri les malades, annoncé la bonne nouvelle, donné de l’espérance, chassé les esprits impurs, libéré les opprimés. Il a pourvu aux besoins des populations en multipliant les pains, il a rétabli l’ordre en chassant les marchands du temple, il a donné de la joie en ressuscitant le fils de la femme veuve.  Si tel a été son mandat pendant son parcours terrestre, alors celui-ci doit aussi être le nôtre pendant ce temps du « pas encore » !

Le « pas encore » ajoute un second mandat au premier : celui de réparer et de réconcilier les hommes avec Dieu !

Et notre travail est l’un des vecteurs les plus efficaces pour le faire car par lui, nous pouvons vraiment réparer la société et lui donner de goûter à la présence de Dieu :
  • Témoigner par nos actes que de nouvelles façons de travailler selon l’éthique sont possibles
  • Montrer par notre comportement que de nouvelles relations sont atteignables
  • Établir un climat de bienveillance où la valeur de nos collègues puisse être révélée
  • Être des hommes et des femmes de parole qui alignent leurs convictions avec leurs actes
  • Redonner du sens à nos tâches quotidiennes et les inscrire dans le mandat divin

 En conclusion, notre mission sur terre s’est étoffée d’un second mandat

Le travail accompli à la croix ajoute à notre mandat initial de cogestion de la création, un nouveau mandat de restauration et de réconciliation (2 Cor 5:18-19). 

Celui-ci ne peut être accompli qu’en menant une vie de disciple consacré et aguerri. C’est pourquoi le travail est un ministère qui ne peut s’accomplir que par la foi, la prière, l’aide constante du Saint-Esprit dans nos vies. Sans l’aide de Dieu, nous ne pouvons rien faire (Jn 15:5) mais en lui, nous porterons le fruit qu’Il attend de nous  (Jn 15 :7) 

Accepterons-nous d’être déposés dans nos contextes de travail comme cette semence parfaite qui porte le fruit de la justice et de la vérité ? Ce fruit capable de réparer la société et de répandre le parfum de la Bonne Nouvelle qui réconcilie les hommes avec Dieu ?

POUR APPROFONDIR SEUL – OU MIEUX – EN PETITS GROUPES

  • Dans une situation de travail compliquée, avez-vous déjà cherché à visualiser ce qu’il devait être dans une situation idéale de travail « déjà » restauré ? Qu’est-ce que cela a donné ? Qu’est-ce que cela vous a poussé à faire ? A prier ? A mettre en place ?
  • Si vous ne l’avez jamais fait, prenez une de vos situations de travail actuelle difficile et visualisez ce qu’elle pourrait être dans une situation de travail déjà restaurée ? Quels blocages seraient surmontés ? Pour y parvenir : quelles attitudes devriez-vous changer ? quel pardon accorder ? à quel privilège devriez-vous renoncer ? Ou encore : quelles propositions de réorganisation du service pourriez-vous faire ?
    Etes-vous en position d’initier ces transformations ? Faites le premier pas en ce sens !
  • De quelles armes disposez-vous pour supporter le « pas encore » et surtout apprendre à le surmonter sans le subir d’une façon fataliste ? Etudiez 2 Cor 10 :3-5 et Eph 6 :10-16. Qu’est ce que Dieu nous a donné pour mener notre vie de disciple dans ce temps du “pas encore” ? Parmi toutes les armes proposées, laquelle allez-vous saisir en priorité ?

Prière

Clôturez votre partage par la prière. Priez pour tout ce que vous avez découvert durant cet échange et particulièrement pour tous les points d’action que vous avez décidé de mettre en place suite à votre discussion. Que le Seigneur soit votre conseiller et votre sagesse !

J’ai aimé cet article, je le partage dans mes réseaux :

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn

Restez informé !

Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.