Le travail aussi est racheté par la croix !

En tant que chrétien, nous connaissons tous la place centrale occupée par la croix dans le plan de Dieu pour les hommes. Jésus, le Fils de Dieu, a donné sa vie pour notre salut (Jn 3 :16). Par Lui, nous accédons à la vie éternelle, au pardon de tout notre péché (Rom 8 :1-2). Par lui, nous changeons de nature pour devenir enfants de Dieu (2Cor 5 :17) et nous aurons part avec Lui à un héritage éternel de gloire (Rom 8 :16-17). Tout cela est vrai, attesté par les nombreux textes bibliques et nous pouvons en être infiniment reconnaissants !

Mais l’œuvre de Jésus accomplie à la croix n’a-t-elle que cette dimension individuelle ? Le salut accompli par Dieu ne consiste-t-il qu’à arracher individuellement des êtres humains à une création déchue que Dieu aurait décidé de laisser périr ? Ou revêt-il une dimension plus large, cosmologique dans laquelle l’homme et la création sont également concernés ?

Le travail est-il aussi concerné par la croix ?

C’est ce que nous allons développer en 4 points-clefs dans cet article.  

vigne

Malgré le péché, notre Dieu n’a pas abandonné « sa vigne »

« Un homme planta une vigne et la loua à des vignerons » Lc 20 :9

Nous connaissons tous cette parabole (Lc 20 :9-16). Un propriétaire investit ses biens dans une vigne et en confie la charge à des vignerons. Quand le moment est venu pour lui de récupérer sa part du profit, il y envoie l’un de ses serviteurs mais les vignerons le frappent et le renvoient les mains vides. Ils font de même avec un second puis avec un troisième, allant jusqu’au meurtre pour se débarrasser de lui. Ce propriétaire renonce-t-il pour autant à son bien ? Le passe-t-il par profit et perte ? Non, car c’est ‘sa’ vigne et il y tient ! Il décide donc d’y envoyer son propre fils en se disant « Cette fois-ci, ils auront du respect pour lui ». Mais les vignerons se jettent sur lui et le tuent. Les vignerons ont-ils gagnés la partie ? Non, car le propriétaire « viendra, fera mourir ces vignerons et il donnera la vigne à d’autres » (Lc 20 :16).

Notre Dieu n’abandonne pas sa vigne ! Dieu ne renonce pas à la création ni au mandat qu’Il nous a donné en la créant. Il maintient ce qu’Il a établi malgré les manquements et le péché des hommes. Il répare son projet initial en donnant « sa vigne à d’autres ». Il crée les conditions pour que le cœur de l’homme entre enfin de plein gré dans ce qu’Il avait envisagé dans son plan parfait. Ainsi, dans le cœur de Dieu, ce n’est pas le péché qui gagne mais son projet ! Et le travail qui en fait partie, sera lui aussi restauré dans sa vocation de départ (cf section 1)

Voici 4 points à prendre en compte lorsque nous mettons le travail en relation avec la croix : 

1. A la croix, Jésus s’est identifié aux dures conditions de notre travail humain

Le crédo de Nicée (325 ap JC) le confirme : Jésus est à la fois pleinement homme et pleinement Dieu. En ce qui concerne son humanité, aucun de ses contemporains n’en a jamais douté : il est né, il a grandi dans son village connu de tous, il a appris et exercé un métier, il a eu faim et soif, il a éprouvé des sentiments de joie et de tristesse, il a souffert la peur, la tentation ; il a vécu l’admiration de ses pairs mais aussi leur rejet le plus dur : la jalousie, la trahison, les insultes, l’injustice et la mise à mort. Sa mort et ses circonstances si particulières sont le paroxysme de son identification à notre condition humaine. Pour accomplir la mission (le travail !) que Dieu lui a donnée, Jésus s’est identifié jusqu’au bout à notre condition humaine. Il sait de quoi nos jours sont faits au milieu de ce monde quand nous tentons de suivre l’appel de Dieu. Mais Lui est allé au bout et Il l’a fait !

En conséquence, nous ne sommes plus seuls face aux conditions difficiles de notre travail ! Quand nous sommes pressés de toutes parts par des incertitudes, des tâches ingrates, des trahisons, des choix compliqués : souvenons-nous ! Jésus connait ces situations et nous y accompagne ! Notre travail n’est pas à vivre comme un test de notre foi mais comme un compagnonnage avec Jésus qui nous y accompagne (Heb 4 :15-16). Vivons-nous, au jour le jour, notre vie de travail avec Lui ?

2. A la croix, le travail n’est plus maudit par le péché ; il a été ‘racheté’ ! 

« Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu » (2Cor 5 :21). 

 Le péché (et ses conséquences désastreuses) est une affaire bien trop grave pour être réparée sans l’intervention divine. L’homme a vainement tenté – et tente encore ! – de le faire en essayant d’accomplir la Loi divine par ses propres forces … mais sans résultats !  Pour réparer le péché, nous avions besoin d’une victime propitiatoire, d’un Sauveur d’une stature suffisante pour le faire de façon définitive. Jésus, pleinement homme et pleinement Dieu (donc sans péché !) est celui que Dieu a choisi pour accomplir de façon définitive cette tâche gigantesque. Jésus est mort pour le péché des hommes et ses conséquences, une seule fois et une fois pour toutes ! (Heb 7 :26-27)
La croix ne répare donc pas que notre péché individuel mais aussi toutes ses conséquences (cf. section 2 : le travail dénaturé). La croix installe une gouvernance nouvelle dans laquelle les lourdeurs du péché peuvent être transcendées : notre relation avec Dieu peut être restaurée, notre relation avec les autres peut être reconstruite, notre relation avec nous-mêmes peut entrer dans un processus de guérison nous permettant de retrouver notre identité et d’entrer dans le projet de Dieu pour nos vies. Et enfin, notre relation avec la création – et donc avec le travail ! – est aussi transformée.

« La création attend avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu (…) avec l’espérance qu’elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu ». (Rom 8:19-21).

Ainsi, le travail, comme tout le reste du projet initial de Dieu, est réparé par la croix. Nous ne sommes plus obligés de subir toutes les malédictions du péché dans notre travail et par la foi, nous pouvons dès à présent, entrer dans cette nouvelle économie du salut ! Et si nous demandions à Dieu la foi pour le vivre ? (Jn 15 :7)

3. Par la résurrection de Jésus, nous partageons sa victoire

« Si c’est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes » (1Cor 15 :19).

Mais la mort n’a pas eu le dernier mot : Jésus est vraiment ressuscité avec un corps tangible et glorieux qui ne sera plus jamais soumis à la mort. La résurrection de Jésus est essentielle à notre foi car elle atteste que ce que Dieu a voulu accomplir à la croix a été pleinement réalisé. Par la résurrection, « tout est accompli » (Jn 19 :30) : le péché est définitivement vaincu, le nouvel ordre est installé, la restauration de toutes choses est acquise. (Col 1 :19-20). La résurrection de Jésus ouvre une ère nouvelle car nous aussi nous ressusciterons avec Lui ! (Rom 6 :5)
Nous pouvons donc dès à présent, monter dans le char triomphant de Christ pour chacune de nos expériences humaines (Col 2 :13-15) et donc de notre travail. La puissance de sa résurrection nous accompagne (Mat 28 :20). En son nom, nous pouvons transformer notre environnement, prendre autorité sur les esprits qui bloquent nos diverses situations. Jésus est avec nous pour y accomplir son œuvre de restauration – restauration des cœurs et restauration des contextes, des relations. Il accepte nos cinq pains et nos deux poissons et Il veut s’en servir pour nourrir les hommes qui nous entourent (Mc 6 :41). Notre travail, même modeste, compte pour Lui et Il peut s‘en servir pour accomplir de grandes choses. Aurons-nous suffisamment de foi pour mettre cette puissance de résurrection – et donc de restauration – en mouvement dans nos vie professionnelles ?

4. Le Saint-Esprit déversé sur nous, nous équipe pour tout ce que Dieu nous confie

Dans l’Ancien Testament, le Saint-Esprit n’était accordé qu’à des serviteurs particuliers, spécialement mandatés pour une tâche précise comme Moïse, Gédéon, David ou les différents prophètes. Mais depuis le départ de Jésus ressuscité auprès du Père, le Saint-Esprit est donné à tous ceux qui croient en Lui (Jn 16 :7, Ac 1 :8). Beaucoup de choses pourraient être mentionnées à propos du Saint-Esprit. Retenons simplement ici que le Saint-Esprit est notre conseiller, notre guide, notre consolateur. Il nous accompagne dans toutes nos expériences humaines. Il nous affranchit de la timidité ou de la crainte car l’Esprit que nous avons reçu est un Esprit, de force, d’amour et de sagesse (2Tim 1 :7) Si nous manquons de sagesse, il nous la donne. Il nous revêt des fruits de l’Esprit (Gal 5 :22), équipement indispensable pour accomplir notre mission de chrétiens.
Sans le Saint-Esprit, il est impossible d’entrer dans le projet de Dieu pour nos vies professionnelles, de discerner ce qui est juste et de l’accomplir. Combien de nos situations de travail, remettons-nous à Dieu et comment laissons-nous le Saint-Esprit conduire les situations où nous nous trouvons ?

POUR APPROFONDIR SEUL – OU MIEUX – EN PETITS GROUPES

Nous sommes des chrétiens « post-résurrection ». En conséquence, nous ne pouvons pas nous arrêter au fatalisme du péché, tel qu’il a été dépeint dans la section 2. Quelque chose d’essentiel est advenu qui change tout : Jésus est mort à la croix, Il est ressuscité. Le Saint-Esprit nous a été donné. A la lumière de ce nouveau contexte, répondez aux questions suivantes :

  • Quels sont les points particuliers qui vous ont interpellés dans cet article ? En quoi, ceux-ci changent-ils votre perspective sur le travail ? ou sur sa pratique ?
  • Partagez avec le groupe une situation professionnelle dans laquelle vous avez vraiment vécu la présence du Seigneur. Vous avez été accompagné ; vous avez reçu la sagesse, l’à-propos, le courage ; vous avez compris ce qui bloquait ; vous avez été secouru … Que retenez-vous de ce moment particulier ?
  • Nous préférons souvent nous plaindre plutôt que de rechercher des solutions constructives. Et pourtant, si le travail est effectivement ‘réparé’ par la croix, alors des solutions existent ! Pensez à une situation de travail bloquée et par un acte de foi, imaginez ce que pourrait devenir cette situation si Dieu la prenait en charge. Que ferait-il advenir ? 
  • Que pouvez-vous mettre en place pour vivre chaque jour de votre vie professionnelle dans la réalité de la résurrection et de la puissance du Saint-Esprit ? Priez pour le discernement nécessaire et, selon ce qui vous sera donné, pour la volonté de le mettre en œuvre.

Prière

La prière est essentielle dans cette discussion car elle touche à nos représentations et cela est souvent difficile à changer. Priez pour tout ce que vous avez découvert, décidé et demandez à Dieu de vous accompagner dans chaque activité de votre vie professionnelle.

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