La chute a été un bouleversement sans précédent dans le plan initial de Dieu pour sa création. Elle a eu 4 répercussions fondamentales dans l’ordre créationnel de Dieu et chacune affecte notre relation au travail. Nous allons prendre ici le temps de les explorer. Vous allez vote découvrir que beaucoup font écho à ce que vous vivez au jour le jour !

Le travail est affecté par les 4 ruptures dues au péché : 

1. La « rupture avec Dieu » a vidé le travail de son sens initial

Depuis que l’homme est en rupture avec Dieu, le travail a perdu ses caractéristiques originelles. L’homme ne perçoit plus que difficilement le travail comme ‘bon’, voulu par Dieu pour poursuivre son œuvre de création. Le travail n’est plus vu comme un mandat ni comme un ministère à accomplir dans une interdépendance avec Lui et pour Sa gloire.
Deux conséquences à priori paradoxales car totalement opposées :

  • soit le travail est devenu seulement utilitaire, vécu comme inutile, vain  et comme une perte de temps. La personne prise dans cette façon de penser va chercher à tout prix à minimiser son implication dans le travail pour pouvoir enfin utiliser sa vie à quelque chose d’utile !
  • soit le travail est devenu une idole, c’est-à-dire une fin en soi. L’homme sera prêt à tout sacrifier pour se réaliser dans son travail mais l’idole du travail le brise et l’épuise. Plus il lui consacre d’énergie, plus la promesse d’accomplissement attendue s’éloigne…

2. La « rupture avec soi-même » a rendu le travail insécurisant

Le manque de confiance en soi, le stress, le perfectionnisme sont des symptômes bien connus d’une personne en souffrance au travail. Mais aussi la procrastination, la paresse, la négligence, le manque d’autonomie … Le travail est tellement plus facile quand on se sent compétent et qualifié pour le faire ! Quand le travail donne du plaisir et appelle le meilleur de soi, quel privilège et quel épanouissement il procure. Mais il faut bien avouer que cet état émotionnel est souvent trop rare dans nos vies professionnelles car nous sommes imparfaits et en rupture avec notre propre identité.

3. La « rupture avec les autres » a rendu le travail émotionnellement douloureux

Les managers ou les chefs de projets le savent bien : la plupart des projets échouent, non par manque de compétences mais par suite de problèmes relationnels entre les parties prenantes. La jalousie, la médisance, la pression sur les équipes, la corruption, l’orgueil, l’appât du gain, le court-termisme mais aussi l’à-peu-près ou la paresse, les délais non tenus … rendent le travail très douloureux, voire vain ! Que de souffrance et surtout que de beaux projets avortés… Cela aurait pu être évité sans le péché…

4. La « rupture avec la création » a rendu le travail épuisant

La terre est basse et le sol est dur ! La sécheresse, les intempéries, les épidémies hypothèquent les résultats de notre travail. Même avec les meilleures intentions du monde, il est pratiquement impossible d’éviter les effets secondaires négatifs de toute activité humaine. La recherche scientifique en fait particulièrement les frais, alors que toute découverte peut être utilisée soit pour le bien soit pour l’asservissement de la société. Le travail est devenu fatigant, aléatoire en termes de résultats et décourageant. Difficile dans ces conditions d’y percevoir le plan merveilleux de Dieu pour l’épanouissement des êtres humains !

Entre résignation et idéalisme

Comment réagir face à cette cascade de mauvaises nouvelles ? Nous arc-bouter dans une posture endurante en essayant malgré tout de tendre vers le plan initial de Dieu ? ou renoncer en nous disant que le travail est déchu et qu’il n’y a plus rien à en attendre ? Il est difficile pour nous chrétiens de naviguer entre ces deux écueils…

Nous avons le choix :

  • soit d’entrer dans une posture de résignation. La dureté du travail affecté par le péché nous enclin à renoncer à le transformer et nous encourage à le considérer comme un mal nécessaire, une situation transitoire dans laquelle il ne faut surtout pas trop s’investir.
  • soit de choisir une posture idéaliste. Dans ce cas, le chrétien ne veut pas renoncer à la condition première du travail, celle que Dieu avait établi pour sa création dans le jardin d’Eden. Cela peut le conduire, par exemple, à sortir du courant habituel du travail pour créer une nouvelle société du travail, faite uniquement de chrétiens convaincus qui cherchent à vivre le travail d’une façon conforme au plan initial de Dieu.

Où se situer ? La bonne posture est probablement entre les deux : accepter la réalité du péché dans le travail mais aussi tendre, par la foi, à la perspective de Dieu sur le travailEn effet l’histoire biblique ne s’arrête pas à la chute ! Une rédemption est en marche à travers l’œuvre de la croix et cela touche aussi le travail ! 

En conclusion : le travail n’est pas ‘en soi’ une malédiction mais il subit la malédiction du péché. Nous connaissons tous la frustration, la peine, les résultats décevants, la jalousie, la compétition, les aléas, les résistances. Nous rencontrons souvent des chardons et des épines qui ne nous permettent d’atteindre qu’une toute petite partie de nos objectifs ; alors que nous-mêmes sommes souvent les chardons et les épines de nos collègues, les empêchant d’atteindre eux aussi leur propre potentiel.

POUR APPROFONDIR SEUL – OU MIEUX – EN PETITS GROUPES

Analyser votre secteur professionnel

Quels sont les ronces et les chardons de votre secteur professionnel ?

Chaque secteur professionnel (administration, éducation, industrie, finances, média …) a sa propre culture, ses propres façons d’être. Qu’en est-il du votre ? En quoi et comment votre secteur professionnel est-il affecté par les stigmates du péché ?

  • En ce qui concerne « la rupture avec Dieu », votre secteur professionnel tourne-t-il à vide, avec une vraie difficulté à donner du sens ou une finalité au travail réalisé ? ou au contraire est-il devenu arrogant, imbu de lui-même, désireux de transformer le monde et de se mettre à la place de Dieu ? En quoi cela vous affecte-t-il en tant que chrétien désireux d’honorer Dieu par son travail ?
  • En ce qui concerne « la rupture avec soi-même », quel type de salariés sont naturellement valorisés et attendus pour travailler dans ce secteur ? Ces profils psychologiques sont-ils conformes aux fruits de l’Esprit ? Quand les qualités attendues par votre secteur professionnel sont en désaccord avec les qualités attendues d’un enfant de Dieu, comment faites-vous pour vous en accommoder ?
  • En ce qui concerne « la rupture avec les autres », quel est le climat social de votre entreprise ou de votre secteur professionnel ? Plutôt bienveillant et coopératif ou compétitif et solitaire ? Que faites-vous pour vous en accommoder et mieux, le transformer ?
  • En ce qui concerne « la rupture avec la création », quels sont les principaux risques auxquels votre secteur professionnel est soumis ? Ceux-ci ont-ils de grosses répercussions sur votre activité et vos résultats ?

Priez pour votre secteur professionnel

En faisant le travail d’analyse précédent, vous avez sans doute constaté que certains stigmates sont très forts alors que d’autres apparaissent mineurs. Quels sont les stigmates les plus prégnants dans votre secteur professionnel ? Ce sont pour ceux-là que vous devez prier en priorité ! Décidez de prier de façon suivie pour votre secteur professionnel sur les différents points d’achoppement que le Seigneur vous aura montré.

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